Moscheles’ Blunder
Ignaz Moscheles—ami de Beethoven, professeur de Mendelssohn, pianiste, compositeur et force musicale majeure—a passé plus de vingt ans à vivre en Angleterre. L’art, il maîtrisait. Les idiomes anglais, un peu moins.
Peu après son arrivée, il était à un dîner où, une fois la table débarrassée, la maîtresse de maison lui demanda quel fruit il désirait. Moscheles piocha dans l’anglais appris au dictionnaire et répondit, très poliment, qu’il aimerait qu’on le serve avec « quelques sneers ».
La salle éclata de rire.
Mortifié, il s’empressa d’expliquer ce qui s’était passé. En étudiant des exemples dans son dictionnaire, il avait appris que l’expression « not to care a fig » pouvait être glosée avec le verbe « to sneer ». Il en avait déduit que « sneer » devait être le mot anglais correct pour *fig*—et l’avait demandé avec une assurance totale.
Les étrangers rient de nos erreurs tout le temps, dit-il. Fair’s fair: parfois, c’est à notre tour de rire.