MADAME PATTI

Adelina Patti, c’était la version XIXe siècle de la superstar mondiale — voix, marque et package luxe inclus.

Enfant prodige, elle a tourné très tôt ; au moment où elle arrive au Covent Garden de Londres (1861), elle est immédiatement au sommet. Ses cachets ont grimpé vite : à un moment, on la payait **1 000 £ par représentation** lors de tournées américaines. Quelqu’un a même fait le « calcul d’influenceur », estimant qu’elle gagnait plus par note chantée que Rossini n’avait gagné en écrivant un opéra entier.

Son dispositif de voyage était un pur flex : un wagon ferroviaire sur mesure décoré de blanc et d’or, un piano à queue et — selon l’histoire — une **baignoire en argent massif** et même une **clé en or**.

Chez elle, sur son domaine gallois, elle avait un théâtre privé, un orchestrion qui jouait de tout, de l’opéra léger à Wagner… et des perroquets. L’un imitait sa colorature ; un autre saluait les invités en français — jusqu’à ce que quelqu’un l’asperge d’eau, et il réplique, dans un anglais parfait : « You pig ! »